- Les techniques de siège -

 

Dans notre région, l’enjeu n’étant pas de tenir le plat pays, mais bien les villes et les châteaux, les sièges sont donc d’une grande importance durant la Guerre de Cent Ans pour établir le pouvoir royal sur un territoire.

L’objectif d’un siège est d’obtenir la reddition ou de briser les défenses d’une ville pour l’investir. Les techniques de siège, aussi bien celle de la défense que celle de l'attaque, se nomment la poliorcétique. Le terme poliorcétique vient du grec poliorketikos, qui désigne ce qui est relatif à la technique du siège des villes et places fortes, ou l'art et la technique du siège. On l'applique aussi à la défense des villes contre les sièges.


Qu'est-ce qu'un siège ?

Sommairement, un siège consiste à cerner totalement une place forte ou une ville afin d'empêcher toute entrée et toute sortie de cette dernière. Généralement, un siège commence au printemps ou en été car le beau temps facilite l’utilisation du feu. On espère ainsi s'emparer du lieu par le temps plutôt que par la force car un assaut frontal pouvait être extrêmement difficile et coûteux en vies humaines. Mais le temps requis pour faire tomber une place manque souvent aux agresseurs. En effet, immobilisés par le siège, ils ne peuvent plus manœuvrer contre d'autres armées qui peuvent alors prendre l'initiative de forcer la levée du siège ou alors la liberté d'aller ravager les terres et villes ennemies. C’est pourquoi, le plus souvent la diplomatie est utilisée pour forcer la reddition de la ville, ce qui permet un gain de temps et d’argent. Si les assiégés se rendent avant le début des hostilités, le code de la chevalerie leur permet de quitter la ville désarmé avec sa garnison ou parfois avec leur équipement.

Il existe différents moyens de réduire la durée du siège :

  • Soit en limitant les possibilités de résistance interne.

  • Soit en évitant les fortifications en vue de monter à l’assaut.

La poliorcétique

Affaiblir l’ennemi

Un siège, c’est une bataille d’usure. C’est celui qui tiendra le plus longtemps qui remportera la victoire. Dans cette optique, les assiégeants doivent rapidement épuiser les assiégés pour qu’ils signent la reddition.

 

Le moyen le plus simple est de couper tous les ravitaillements possibles pour que la place forte épuise ces réserves de vivres. Le camp des assiégeants entoure alors la place forte et celui-ci peut être protégé par des palissades en cas de sorties des assiégés ou de l'arrivée de renforts pour la place forte. Dans ce camp, on peut trouver un marché avec des boutiques vendant de la viande, des vêtements, du pain et d’autres choses venant des ravitaillements ou des pillages. Une autre méthode consiste à dégrader les conditions d’hygiène de la place. Pour cela, les assiégeants envoient des charognes d’animaux, les cadavres de leurs propres soldats ou des prisonniers pour empoisonner les points d’eau, propager des maladies et atteindre le moral des troupes. Le meilleur exemple de ce type est le siège de Caffa en 1346. Les assiégeants mongoles étaient en partie atteints par la peste et ont été contraints de lever le siège. Mais avant de partir, ils ont envoyé les cadavres des pestiférés dans la ville grâce à leurs engins de siège. Or des Génois qui étaient dans la ville transmirent alors la maladie en Europe.

 

Le dernier moyen est bien sûr la ruse, en payant des agents pour ouvrir la place, l'empoisonner ou l'espionner ou par la négociation afin d'obtenir la reddition de la place. Une ville peut aussi se rendre par la peur de en place d’un siège ou d’un assaut. C’est le cas du siège de Troyes en juillet 1429, alors que les troupes de Jeanne d’Arc n’ont pas assez de vivres pour tenir un siège, elle ordonne à ses hommes de faire croire à la ville de Troyes que l’assaut sera pour bientôt. Les Troyens, qui sont du côté anglais, prennent alors peur et demandent à discuter des conditions de reddition de la cité.

L’assaut

Si le siège commence à trainer en longueur ou que les assiégés sont affaiblis, l’assaut peut-être ordonné. Le but est pour l’assiégeant de passer les fortifications ennemis et plusieurs moyens s’offre à lui.

 

L’assiégeant peut percer une brèche dans les défenses. Pour cela, il peut effectuer un travail de mine ou de sape. La mine est une technique qui se pratique à l'abri pour venir à bout d'une tour ou d'une muraille afin de saper sa base : on creusait une galerie sous terre qui arrivait sous l'ouvrage. On bourrait alors l'espace de paille, de bois, de poix, d'huile ou de carcasses de porc, puis on y mettait le feu. La chaleur faisait éclater pierres et mortier, provoquant ainsi l'effondrement des murs situés au-dessus. La sape a pour objet de détruire la base d'une courtine par un bélier ou des sapeurs protégés par une structure de bois et de peaux humides. L’autre moyen de percer les défenses est d’utiliser l’artillerie à poudre ou les engins à contrepoids pour faire tomber les murs ou faire des dégâts au cœur de la place. Bien souvent, la simple vue de ces engins de siège, nécessitant des connaissances techniques pour les construire, peut dissuader les assiégés de résister et donc accepter la reddition.

 

L’assiégeant peut aussi passer par-dessus les fortifications. L'opération la plus délicate était le franchissement des fossés ; il fallait les combler sous le tir ennemi. Une fois les fossés comblés, les assiégeants peuvent pratiquer l’escalade des murs par l’intermédiaire d’échelles. L'escalade était efficace à la suite d'une trahison, d'une attaque-surprise et d'un rapport numérique favorable. Ils pouvaient aussi utiliser des tours de sièges. Ces édifices en bois étaient mobiles et utilisables seulement sur terrain plat, sec et solide. Les tours étaient vulnérables aux projectiles enflammés. Elles étaient donc blindées par des plaques de fer ou un revêtement de cuir. Les tours de siège avaient cinq fonctions : abriter les assaillants, protéger l'action des sapeurs, porter haut les armes lourdes, donner aux arbalétriers un commandement efficace contre les défenseurs du château et donner un accès sur le chemin de ronde.

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Bien entendu, la ruse peut toujours être utilisée pour percer les défenses d’une place et Bertrand du Guesclin, le Connétable de France, s’est parfaitement illustré dans ce domaine. En 1350, lors de la guerre de succession de Bretagne, il prit le château de Grand-Fougeray avec 40 soldats alors que ce château possédant une garnison de quelques 200 soldats anglais. Alors que le commandant de la place était parti avec quelques uns de ses hommes, Bertrand du Guesclin prit trois volontaires à ces côtés puis se déguisa en bucheron avec un fagot de bois et se présenta devant le château. Pensant qu’il apportait du bois de chauffage, les gardes le laissèrent entrer. Il bloqua alors les portes avec les fagots de bois en compagnie de ces trois volontaires et engagèrent le combat pendant que ces hommes accouraient pour lui porter secours. La place fut donc prise malgré une blessure à la tête. Cet assaut est souvent considéré comme son premier grand succès militaire.

Il va réutiliser cette tactique pour prendre la ville de Niort en 1373. Après avoir combattu des soldats anglais et pris leurs uniformes, il déguisa ces soldats et marcha vers Niort. Les Anglais ne se doutaient de rien à la vue de ces uniformes et les laissèrent entrer dans la ville. C’est ainsi qu’il reprit la ville de Niort en limitant les pertes dans les deux camps.

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